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Quelques notions élémentaire pour savoir ce qu’est LE JAZZ
 


Des années 1880 aux années 1980 on peut compter sur un siècle de musiques afro-américaines. Le jazz est donc la musique du XXème siècle. De grands compositeurs y ont fait référence (Debussy, Ravel, Stravinsky, Gershwin) ; de grands jazzmen ont puisé dans les enseignements de ces compositeurs.
LES ORIGINES
Une de ces composantes est un faisceau d’apports africains.

1/ LE NEGRO-SPIRITUAL
Les noirs arrachés au sol natal d’Afrique amène avec eux leurs chants, leurs danses, leurs rythmes. Le chant est rythmé par les battements de mains sur les deuxième et quatrième temps de la mesure (temps faibles qui sont orientés vers le Ciel par opposition aux temps forts, 1er et 3ème, qui renvoient à la terre…donc à la mort) accaparée par le protestantisme blanc américain cette musique devint une musique religieuse, détournée des champs de coton vers les églises, spécifiquement noire. Ce fut nommé NEGRO6SPIRITUAL qu’on rebaptisa GOSPEL SONG au lendemain de la seconde guerre mondiale.
2/ LE RAGTIME
vers la fin du XIXème siècle apparaît le RAGTIME(littéralement : temps déchiqueté, temps mis en chiffons) musique destinée à la danse et jouée au piano, adaptation du répertoire européen. L’origine du RAGTIME il faut sans doute la voir dans le « CAKE WALK », marche du gâteau, danse des noirs américains du début du XIXème siècle (les meilleurs danseurs gagnaient un gâteau). La patrie du RAGTIME est le MISSOURI, principalement dans deux villes : SEDALIA où régnait Scott JOPLIN dont la musique fut remise à la mode grâce au film « L’ARNAQUE » et SAINT LOUIS où Tom TURPIN publie la première partition où figure le mot « RAG » (HARLEM RAG – 1897).
3/ LE BLUES
Autant le NEGRO SPIRITUAL est religieux, autant le BLUES est profane. C’est une forme musicale afro-américaine née après la guerre de Sécession (1861-1865) et appartenant à l’art vocal des noirs américains. Il se caractérise par un CADRAGE (presque toujours 12 mesures), une STREUCTURE HARMONIQUE (enchaînement typique d’accords) et un ASPECT MELODIQUE ( emploi fréquent de notes facultatives dites BLUES NOTES). Contrairement à une opinion reçue le BLUES n’est pas lié à un tempo lent, mais se joue à tous les tempos y compris les plus vifs (BILLIE’S BOUNCE de Charlie PARKER).
LE JAZZ
Tous les historiens et musicologues s’accordent à considérer que le JAZZ est né à la NOUVELLE ORLEANS autour de 1900.
ORIGINE DU MOT
Lorsque les premiers orchestres noirs arrivèrent à CHICAGO les musiciens syndiqués de la ville traitèrent leur « sale musique » de tous les noms et particulièrement de JASS ou JAZZ MUSIC (dans l’argot des noirs américains, le JIVE, le verbe JASS définissait le coït et toute les variation des rapports sexuels).

QUELQUES DEFINITIONS
Pour Ella FITZGERALD faisant claquer ses doigts le jazz « c’était…euh…c’était ça ! ».
Pour André HODEIR « c’est une certaine forme de rigueur rythmique alliée à une certaine forme de liberté sonore » et pour Marshall STEARNS « c’est une musique américaine basée sur l’improvisation, utilisant l’instrumentation européenne et combinant les éléments d’harmonie européenne, de mélodie eurafricaine et de rythme africain »
LE NEW ORLEANS
D’une matière sonore originale, spécifique enrichie d’une pulsation souple, rebondissante, « swinguée » (du verbe : to swing, balancer) est né le Jazz. C’était la musique originale des musiciens nés à la NOUVELLE ORLEANS. Le premier style de jazz a donc été le style « NEW ORLEANS » joué par des créoles noirs et des blancs. Les marches, les quadrilles joués par les fanfares en toutes occasions (mariages ou enterrements) étaient appris à l’oreille en écoutant aux portes des maisons bourgeoises. Ces orchestres étaient formés d’un cornet à pistons, d’un trombone, d’une clarinette accompagnés d’un
banjo (remplacé plus tard par une guitare) un gros tuba et…une planche à laver que l’on jouait avec le bout des doigts recouvert de dés à coudre (plus tard une caisse claire).
Ce style qui vit les début de deux géants louisianais (Sidney BECHET et Louis ARMSTRONG) va s’atténuer dans les années 20 pour retrouver un regain de popularité (le NEW ORLEANS REVIVAL ou DIXIELAND) dans les années 40 ( en France, Sidney BECHET et Claude LUTER).
LE MAINSTREAM ou MIDDLE JAZZ
Les vastes salles de danse demandant des orchestres plus fournis, de grandes formations vont naître dans les années 20 (Chick WEBB au SAVON BALLROOM, Cab CALLOWAY au COTON CLUB tous deux à NEW YORK) préparant l’ère des grands orchestrez, BIG BAND, et des arrangeurs. Dès 1935 ce mouvement est appelé MAINSTREAM (courant principal et plus tard jazz classique).
Voici quelques grands noms de chefs d’orchestres de ces big bands.
Jimmy LUCEFORD (1902-1974) et son arrangeur le trompettiste Sy OLIVER.
Duke ELLINGTON (1899-1974) et son alter ego Billy STRAMHORN. Musicien fécond ( a composé plus de 450 thèmes) a créé un univers sonore absolument inouï. « Mon instrument ce n’est pas le piano c’est l’orchestre tout entier ». Il est le véritable créateur de l’esthétique des grands orchestres.
Count BASIE (1904-1984) dirige le meilleur grand orchestre de jazz-swing, chef rigoureux choisissant des arrangements passés au crible, d’excellents solistes, des hommes de pupitres irréprochables, il fut le plus sincère des chefs des grandes formations pendant près d’un demi-siècle.
Lionel HAMPTON (1909-2003). Batteur d’une incroyable rapidité, vibraphoniste sur les conseils de Louis ARMSTRONG il est le premier jazzman à faire du vibraphone un instrument de soliste.
Benny GOODMAN (1909-0986). Le premier qui imposa la mixité, noirs blanc, au sein des formations notamment lors d’un célèbre concert à CARNEGIE HALL en 1938.
LE BOOGIE-WOOGIE
Onomatopée revoyant au rythme produit sur le clavier par la main gauche marquant imperturbablement huit battements par mesure, suggérant le bruit continuel des roues du train sur les extrémités des rails.
LE BE-BOP
La chose a précédé le mot, le RE-BOP, le BE-BOP est une onomatopée due au trompettiste John BIRKS « DIZZY » GILLESPIE. Il fut « créé » au cabaret MINTON’S PLAYHOUSE par Dizzy GILLESPIE (TP), Charlie PARKER (Saxo Alto), THELONIUS SPHERE MONK (Piano), Kenny CLARKE (Batterie).
Le BE-BOP sera le premier jazz créé contre le show-business. Pour la première fois des musiciens de jazz participent d’un certain élitisme artistique, tempos d’enfer (plus de 300 à la noire) et enchaînements harmoniques hétérodoxes éliminaient les musiciens techniquement insuffisants.
LE COOL JAZZ
Par opposition à la frénésie du BE-BOP certains musiciens aspirent à un sentiment de repos, sans pour autant négliger les apports du BE-BOP. Ce sera le COOL JAZZ né de musiciens blancs sur la côte Ouest des Etats Unis ( la WEST COAST).
« Une musique audacieuse et apprêtée parfois, simple et tranquille souvent, bien faite et courtoise, avec un son léger »…essentiellement jouée par des blancs. L’une des caractéristiques du style est l’attention portée à l’écriture et à l’expérimentation d’où un apport au jazz d’instruments inhabituels : cor d’harmonie, flûte, hautbois, violoncelle.
LE ROCK AND ROLL
Musique principalement joué par des blancs et dérivée du RYTHM & BLUES des noirs. « Le rock est au jazz ce que le catch est à la boxe » (Léonard FEATHER).
LE HARD BOP
Le HARD BOPremet à l’honneur un style musclé qui ajoute un élément de punch.
LE FREE JAZZ ou NEW THING
Il a profondément marqué la vie du jazz dans les années 60 et surtout 70. il se caractérise par le refus de toute contrainte dans la frénésie de liberté (démantèlement de toutes les structures tant harmoniques que rythmiques pour le seul bénéfice de la poussée collective).
« Le FREE JAZZ ne connaît pas beaucoup d’amateurs fidèles et les fins de concert sont souvent moroses… » (André FRANCIS).

Le JAZZ est en perpétuelle évolution. Est-ce un bien ? est-ce un mal ?. parce qu’il est une musique vivante il est destiné à tellement se transformer que si nous n’y prenons garde, si nous en laissons la direction à une bande d’aigrefins qui n’en soupèsent que le coté commercial nous ne le reconnaîtrons bientôt plus.
Alors que vive le SWING pour que vive le JAZZ
Jacques ESTEBAN


 
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